OFII : Pour qui ce service et comment ça fonctionne ?

Un demandeur d’asile ne suit pas la même route administrative qu’un étudiant étranger ni qu’un salarié recruté à l’international. L’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) intervient à différentes étapes, mais ses services ne couvrent pas uniformément toutes les situations.

Selon le statut, la nationalité ou le motif d’installation, les procédures imposées ne se ressemblent pas. Certains dispositifs de l’OFII s’adressent à des publics très précis ; d’autres s’inscrivent dans un accompagnement plus large, allant de l’intégration à l’aide au retour volontaire.

Comprendre le rôle de l’OFII dans le parcours des personnes immigrantes

L’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) occupe un rôle clé dans l’organisation des parcours migratoires en France. Sous la responsabilité du ministère de l’intérieur, l’OFII supervise l’accueil, l’intégration et l’accompagnement des personnes migrantes, depuis la validation du visa jusqu’aux démarches de retour volontaire. Depuis 2009, il a centralisé les missions d’intégration et d’aide au retour, simplifiant l’action publique dans un environnement institutionnel souvent éclaté.

Le contrat d’intégration républicaine (CIR) en est la pierre angulaire : il engage les primo-arrivants dans un parcours structuré comprenant des formations civiques, des cours de langue et une évaluation des compétences. L’OFII gère également le dispositif national d’accueil (DNA), particulièrement pour les demandeurs d’asile, en proposant hébergement d’urgence et allocation spécifique pour les plus fragiles. La collaboration avec des associations telles que France Terre d’Asile ou La Cimade élargit la portée de ces dispositifs et permet de toucher des personnes souvent éloignées de l’administration.

L’OFII ne travaille pas en vase clos. Il s’appuie sur les collectivités locales, les régions et les universités pour bâtir une offre d’intégration à la fois souple et adaptée : programme Tremplin-Occitanie pour les étudiants en exil, service civique Volont’R pour les jeunes réfugiés… Les employeurs aussi trouvent auprès de l’OFII un partenaire pour le recrutement international, preuve que les politiques migratoires ne se limitent plus aux formalités administratives mais s’inscrivent dans une dynamique plus large, à la fois sociétale et économique.

À qui s’adresse l’OFII et quels profils sont concernés par ses services ?

L’OFII s’adresse à un large éventail de personnes, mais ses interventions s’organisent autour de profils bien définis. En premier lieu, les primo-arrivants. Toute personne munie d’un visa long séjour valant titre de séjour (VLS-TS) doit valider sa présence auprès de l’office : étape indispensable pour pouvoir séjourner légalement en France. Ceux qui signent le contrat d’intégration républicaine (CIR) forment le cœur de la cible : travailleurs, conjoints de Français, bénéficiaires du regroupement familial, certains étudiants… Bref, toute personne qui envisage de s’installer durablement sur le territoire.

Le champ s’élargit à d’autres profils. Demandeurs d’asile vulnérables, accueillis dans le cadre du dispositif national d’accueil (DNA), bénéficient d’une allocation mensuelle et d’un hébergement d’urgence. Les employeurs sollicitent l’OFII pour instruire les dossiers lors du recrutement de salariés étrangers. Les étudiants en exil profitent de programmes dédiés, comme Tremplin-Occitanie, tandis que les jeunes réfugiés peuvent accéder à des dispositifs de service civique et à des cours de français, à l’image du projet Volont’R.

Voici les principales situations où l’OFII intervient :

  • Validation du séjour pour les primo-arrivants détenteurs de VLS-TS
  • Regroupement familial pour conjoints ou enfants
  • Demande d’asile : hébergement, allocation, accompagnement
  • Instruction des dossiers de recrutement de salariés étrangers pour les employeurs
  • Intégration universitaire et sociale des étudiants et réfugiés

La variété des profils impose un fonctionnement de guichet unique et une expertise pointue. Les partenaires associatifs sont indispensables pour guider les personnes éloignées de l’administration. Validation du séjour, instruction des titres de séjour et accompagnement vers l’autonomie : voilà les trois axes qui structurent l’action de l’OFII.

Les démarches administratives à connaître pour bien débuter avec l’OFII

La première étape consiste à valider le visa long séjour (VLS-TS). Dès l’arrivée en France, la déclaration auprès de l’OFII s’impose : c’est la clef pour rester en règle. Il faut remplir un formulaire en ligne, attendre la convocation, puis passer la visite médicale obligatoire. Ce passage administratif permet d’obtenir l’attestation de dépôt de l’OFII, document indispensable pour entamer ou poursuivre toute démarche de titre de séjour. Sans cette attestation, il n’est pas possible de renouveler son titre ni d’accéder à la carte pluriannuelle.

Le Contrat d’Intégration Républicaine (CIR) constitue l’autre pilier du parcours : engagement d’un an pour suivre des formations civiques et, si besoin, linguistiques. Les niveaux requis diffèrent : A2 pour la carte pluriannuelle, B1 pour la carte de résident, B2 pour une demande de naturalisation. L’OFII contrôle chaque étape. Il faut valider le CIR pour obtenir le titre de séjour suivant.

L’office propose également le Rendez-vous Santé (RVS) pour les signataires du CIR et certains demandeurs d’asile. Cette consultation médicale complète s’ajoute au parcours administratif, mais ne remplace pas l’attestation de dépôt. Pour ceux qui envisagent un retour dans leur pays d’origine, l’OFII accompagne au retour volontaire et à la réinsertion, avec une aide matérielle lors du départ.

Pour récapituler, voici les principales étapes à retenir :

  • Validation du VLS-TS et dépôt du dossier auprès de l’OFII
  • Visite médicale et remise de l’attestation de dépôt
  • Signature puis respect du CIR
  • Participation au Rendez-vous Santé (RVS) si concerné
  • Demande ou renouvellement du titre de séjour

Programmes d’intégration, aides et accompagnement : ce que l’OFII propose concrètement

L’OFII construit un parcours complet pour les primo-arrivants, alternant accompagnement individuel et dispositifs collectifs. Le Contrat d’Intégration Républicaine (CIR) reste la première étape : signature obligatoire, puis formation civique pour saisir les valeurs de la République et cours de français adaptés au niveau de chacun. Le niveau A1 du CECRL représente le seuil d’entrée, mais selon l’évaluation initiale, jusqu’à 600 heures de cours peuvent être proposées. Les certifications linguistiques (A1, A2, B1) jalonnent la progression et conditionnent l’accès à certains titres de séjour.

L’insertion professionnelle est également au cœur du dispositif. L’OFII oriente vers le service public de l’emploi pour faciliter l’accès à l’emploi ou à la formation. Plusieurs dispositifs viennent compléter ce parcours : CléA pour certifier les compétences de base, LECTIO pour lutter contre l’illettrisme, OEPRE pour accompagner la réussite scolaire des enfants par la formation des parents.

Pour illustrer les actions de terrain, voici deux exemples concrets :

Dispositif Objectif
Tremplin-Occitanie Accompagnement des étudiants en exil tout au long de leur parcours universitaire
Volont’R Proposition de missions de service civique et de cours de français aux jeunes réfugiés

L’OFII s’appuie sur un réseau d’associations, d’universités et de collectivités locales pour renforcer l’intégration sociale et professionnelle. Au-delà de l’intégration, la réinstallation, l’aide à la réinsertion ou au retour volontaire font aussi partie de la palette, garantissant un accompagnement global, du premier accueil jusqu’à la sortie du dispositif.

De la première démarche administrative aux dispositifs d’accompagnement, l’OFII balise le parcours des nouveaux arrivants. Pour beaucoup, il incarne le premier visage de l’État, mais aussi celui d’un soutien, parfois discret, souvent décisif. Le chemin de l’intégration ne se limite pas aux cases à cocher : il se construit, étape par étape, entre exigences réglementaires et accompagnement humain. Les visages changent, les parcours diffèrent, mais pour chaque personne, une même question demeure : comment s’approprier ce nouveau départ ?